New Makers avec Lucie Laustriat : de la facilitation graphique en entreprise aux fresques sur des monuments historiques

Avec notre série de portraits "New Makers", nous donnons la parole à des talents de la communauté OFF-WORKS qui bousculent les codes de la créativité. Multi-talents aux parcours éclectiques, ils transforment leur singularité en atout pour repenser leurs offres aux entreprises. Artistes et pros de l’image, designers, développeurs, consultants ou graphistes, ils développent de nouvelles approches de leur travail au profit d’innovations créatives détonnantes. Dans une période où la course à l’innovation s’accélère, nous voulons mettre en lumière ces talents inspirés et inspirants.

Lucie Facilitation graphique

Pour ce nouvel entretien “New Makers”, OFF-WORKS a interviewé Lucie Laustriat, designer graphique et artiste. De la facilitation graphique en entreprise jusqu’au textile en passant par les murs d’un monument historique lyonnais, elle étend le territoire de l’expression graphique.

Bonjour Lucie, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Lucie : Je suis diplômée des Arts Décos de Paris depuis 2013 en design graphique. Dès l’école, j’ai travaillé avec des profils très différents ce qui m’a permis de développer ma propre vision du graphisme. Ce fut un moment de bascule où je suis passée de designer graphique qui applique, à artiste qui crée et propose.

Tu mets tes talents de graphiste au service d’entreprises en proposant de la facilitation graphique. Peux-tu nous en dire plus ?

Lucie : Mon travail d’artiste nourrit aussi un travail en entreprise. La facilitation graphique est une manière de synthétiser visuellement et de proposer une nouvelle façon d’appréhender et de comprendre un contenu. Je propose des comptes rendus graphiques que mes clients utilisent comme élément de communication interne et externe.

Pourquoi proposer des alternatives plus créatives comme la facilitation graphique pour répondre à des problématiques de communication ? 

Lucie : Ce qui est beau mais délicat dans la création, c’est de se renouveler sans cesse alors que tout existe déjà. C’est peut être ce qui manque en ce moment dans le milieu de la communication. L’envie de sortir des sentiers battus et de faire confiance à une autre forme de sensibilité. On a besoin de l’art partout. 

Quels retours tes clients te font-ils ?

Lucie : Merci Lucie, bonne continuation” (rires)

Mes clients n’ont pas souvent l’habitude de voir quelqu’un dessiner en live. Mon travail de facilitation graphique leur permet de voir une image se construire sous leurs yeux. Cela a un côté magique pour eux ! Les clients apprécient que j’ai une identité artistique marquée. 

Qu’aimes-tu dans ton travail en entreprise ?

Lucie : Il y a un côté humain et social car je me retrouve dans des contextes sociaux nouveaux. Pour moi c’est un exercice assez stimulant cérébralement. Je dois m’adapter à tous les milieux, les contextes, les individus et les sujets sur lesquels ils échangent. Mais on attend tout de même de moi que j’apporte ma patte sur des sujets nouveaux pour moi.

En quoi ton statut de freelance a t-il nourri ta créativité ?

Lucie : Mon statut de freelance est très précieux. C’est pour moi un moyen de garder ma créativité, de l’enrichir et de la cultiver au quotidien. Je nourris ma créativité de différentes manières, que ce soit en marchant dans la rue, en allant voir une expo…

Penses-tu, en tant qu’artiste spécialisée dans la facilitation graphique, apporter quelque chose de différent d’une agence de création graphique classique ?

Lucie : Un peu plus d’audace. Des références plus ouvertes, plus inattendues, mais pas moins enrichissantes. La facilitation graphique est également un domaine très précis. On propose une étude globale, du contexte et de la compréhension, et la création vient faire vivre le projet. 

Lucie Laustriat et Fleur Pinsard

Tu interviens aussi sur le design d’espaces de retail physique ?

Lucie : Oui, j’ai monté avec Fleur Pinsard le Wand Studio. Loin de la facilitation graphique, nous avons fait la vitrine d’une boutique dans le Marais à Paris par exemple. Mais également de la scénographie pour le Salon International de la Mode pour enfants. On a appris une technique de teinture japonaise pour réaliser de grandes pièces tissées. En fait, on apprend et on se réapproprie des savoir-faire à chaque demande. 

“Chaque projet est un prétexte pour nous renouveler et imaginer de nouveaux supports de création.”

Et tu es intervenue sur les murs d’un monument historique…

Lucie : Nous avons réalisé une fresque pour un ancien port classé Monument Historique, appartenant aux Voies Navigables de France. On aime travailler les formes et l’Histoire en jouant avec notre univers graphique et coloré. Chaque projet est un prétexte pour nous renouveler et imaginer de nouveaux supports de création.

As-tu une réalisation que tu es fière de partager avec nous ?

Lucie : Nous avons participé au projet d’une boite de production pour promouvoir un film policier. Avec Fleur, nous avons créé un faux dossier judiciaire, avec des photos, des parties surlignées, des annotations à la main… Comme si un commissaire avait réellement travaillé dessus. Notre travail a mis en scène leur proposition de projet documentaire de manière originale, et il a pu être financé !

“Il faut accepter de se laisser surprendre.” 

Aurais-tu un conseil à donner à des entreprises qui hésiteraient à faire appel à un artiste ?

Lucie : Prendre le temps de s'entretenir avec l’artiste en question. S’assurer qu’il soit assez terre-à-terre et pragmatique pour proposer un projet adapté. Les clients sont facilement frileux à l’idée de faire appel à un graphiste qui est aussi artiste. En réalité, tout ce type de production peut donner lieu à de l’innovation visuelle. Il faut juste accepter de se laisser surprendre. 

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